Société Suisse pour la Recherche en Didactique des Mathématiques
Journée suisse de didactique des mathématiques
Vendredi 2 mai 2003, HEP BeJuNe Bienne
L’enseignement spécialisé : un terrain pour éprouver notre compréhension des phénomènes didactiques
conférences, et assemblée générale de la SSRDM
Présentation (texte format.rtf)
1. 10h45-11h15. Introduction (F. Conne, Unige, Unil & Hepvd)
2. 11h15-12h00 Vue sur le système
ES dans le canton de Vaud (C. Cange, ES secondaire, RpPré-de-vert,
Hepvd ).
3. 12h00-12h15. Présentation de DDMES
(J.-M. Favre & F. Conne).(texte format
.rtf)
4. 13h30-14h15
Analyse des effets de deux contraintes dans une classe
d’enseignement spécialisé (primaire). (J.-M. Favre : Hepvd, ES primaire)
14h15-14h45 Questions & discussion.
6. 15h15-16h00 .Evolution de la tâche
puzzle : les enjeux de l’investigation du milieu (L. Del Notaro :
EO, primaire, & A. Scheibler, EO, secondaire, Hepvd)
7. 16h00-16h45 De l’usage des mots
comme révélateur de la progression des milieux dans les expérimentations puzzle
et quadrilatères.(C. Tièche Christinat : Irdp, Hepvd, Unine.)
8. 16h45-17h00 Questions & discussion.
9. 17h15-17h45 AG SSrdm.
Ce séminaire
sera dévolu à la présentation de l’élaboration
d’un champ de recherches en didactique des mathématiques articulé
sur une double problématique scientifique et institutionnelle. Le
premier axe de notre problématique concerne la confrontation de la
didactique des mathématiques (DDM) au système de l’enseignement
spécialisé (ES) considéré comme source de confrontation
(et de falsification) de propositions théoriques de DDM, elles-mêmes
à quelques exceptions près, développées et étudiées
en référence à cet autre système d’enseignement
qu’est l’enseignement ordinaire (EO). Cette problématique
pose la question de bien distinguer nos ignorance en matière de DDM
de notre méconnaissance des systèmes d’enseignement
ES (et par contre coup, méconnaissance du système EO, tout
aussi bien). Définie de cette manière, cette problématique
cherche à éviter les impasses dans lesquelles s’engagerait
quiconque chercherait à comparer les systèmes de EO et ES
à l’aune des concepts fournis par la DDM. Un tel paradigme
présenterait à nos yeux de chercheurs le risque d’ériger
les théories de la DDM en normes de doctrine, et par là même
de les rendre difficilement falsifiables. En une formule simpliste, nous
dirons que nous cherchons plus à comprendre ce qui se passe en ES
qu’à fournir des explications toutes faites en référence
à ce qui se passe en EO. Il y a ici pour nous un enjeu majeur parce
qu’il oppose les intérêts respectifs d’institutions
de recherche et celles de formation, ce qui, il ne faut pas se le cacher,
rend difficile leur convivialité.
Cette dernière remarque introduit le second axe de notre problématique.
Nous partons de la définition de la didactique des mathématiques
comme l’étude de la diffusion des savoirs mathématiques.
Ici nous nous restreignons à cette diffusion dans le système
d’enseignement et en particulier dans cette marge qu’est le
système ES. Cette étude se fait à partir d’une
institution, un groupe de recherche consacré aux questions d’enseignement
des mathématiques dans l’ES, groupe lui-même hébergé
par une institution de formation de maîtres (Sces, Hep, Vaud). L’étude
de la diffusion des savoirs mathématiques se trouve par là
même étroitement associé à la diffusion des savoirs
de didactique des mathématiques.
Le groupe didactique des mathématiques de l’enseignement spécialisé
(Ddmes) s’est développé dans une petite institution,
et un peu à l’écart. Pour qu’il trouve pleinement
son statut d’institution de recherche, il convient qu’il s’articule
en réseau avec d’autres groupes sur le plan international.
Un embryon de tel réseau francophone est en train de se constituer
s’est constitué avec, pour le moment, du côté
français la participation de Mmes I. Bloch, V. Durand-Guerrier, P.
Masselot et M-H Salin, et du côté québécois Mme
J. Giroux & G. Lemoyne. Nous avons récemment présenté
nos recherches au séminaire national de didactique à paris
afin d’élargir ces collaborations.
Indicateur de diversité de nos attaches institutionnelles :
pour chacun des participants, nous indiquons volontairement la diversité
de ses attaches institutionnelles. Nous donnons ici une légende des
sigles suisses utilisés. Unige, Unil, Unine : respectivement Université
de Genève, de Lausanne et de Neuchâtel. Hepvd : haute
école pédagogique du canton de Vaud (Lausanne). Irdp :
Institut de recherche et de documentation pédagogique (Neuchâtel),
ES : Enseignement spécialisé, EO : enseignement
ordinaire, Rp (Pré-de-vert), responsable pédagoqique de l’institution
Pré-de-vert (Rolle). Ddmes : groupe de recherche de didactique
des mathématiques de l’enseignement spécialisé
(Lausanne) - tous les intervenants du séminaire, table ronde exceptée,
en font partie.
1. Introduction
(F. Conne, Unige, Unil & Hepvd)
Dans une introduction, nous développerons ce cadre conceptuel (évoqué
dans le chapeau ci-dessus) et y situerons notre double problématique.
Bien entendu nous sommes tous très concernés par les sujets
de l’ES, les élèves tout d’abord, le personnel
enseignant ensuite, mais aussi les collaborateurs éducateurs, psychologues
et psychiatres ; nous sommes de même convaincus des enrichissements
que procure la prise en compte de thèmes de didactiques des mathématiques
au sein du système ES. Toutefois pour ce séminaire nous nous
proposons de vous entretenir essentiellement de recherche en didactique
des mathématiques. Au titre de notre communication, ce ne sera pas
l’enseignement spécialisé dans ce qu’il aurait
de spécifique qui nous retiendra mais plutôt ce que l’étude
de ce système nous apprend en matière de didactique des mathématiques,
en quoi il nous oblige à compléter voire réviser nos
connaissances en DDM. Nous devons donc faire la part entre ce qui aura trait
aux ignorances de la DDM et ce qui relèvera de notre méconnaissance
du système de l’ES. Dans nos études, nous sommes confrontés
à ces deux sources de questionnements sans qu’il soit toujours
facile de faire la part des choses. C’est pourquoi nous avons tenu
de présenter dans des plages distinctes les données relatives
à l’ES et des présentations de recherches.
Nous partons aussi de l’hypothèse de la complexité du
système d’enseignement et qu’il n’est pas appréhendable
dans sa totalité. Dans cet ordre d’idées, nous supposons
que l’étude du système ES, va confronter ce que la DDM
est susceptible de comprendre à ce qu’elle sait, prétend
savoir ou croit savoir. Il s’agit bel et bien d’une confrontation
connaissance/savoir d’un domaine scientifique, et partant de l’examen
de la nécessaire transposition des savoirs de la DDM, construits
en références aux finalités EO, afin de les rendre
utiles et opérationnels sur le système ES. C’est de
cette manière que nous pouvons penser la spécificité
de l’ES sans tomber dans le travers d’une ontologie de cet ordre
d’enseignement. Pour nous, et par principe, l’explication des
phénomènes didactiques observables ici et là sont régis
par les mêmes lois. Si la contingence ES est à même de
nous livrer des données autres que celles auxquelles la contingence
EO nous a habitué, ce n’est pas pour autant que la didactique
des mathématiques y serait exceptionnelle. De telles hypothèses
sont susceptibles à terme de repenser entièrement les problèmes
de difficultés scolaires.
Les exposés qui seront proposés apporteront chacun leur pièce
dans l’argumentation de cette hypothèse. Le parti pris non-ontologique
que nous adoptons fait que nous allons à chaque fois présenter
nos données “ en contraste ”.
2. Vue sur le système ES dans
le canton de Vaud (C. Cange, ES secondaire, RpPré-de-vert,
Hepvd ).
Le premier contraste que nous proposerons consiste en un système,
l’EO, qu’on pense généralement pouvoir appréhender,
s’en faire une idée, de manière cohérente et
synthétique (on le confond avec le système scolaire, ou alors
on le naturalise), alors que l’ES semble au contraire fortement parcellisé
(se définissant comme différencié du système
scolaire). Nous profiterons donc de vous présenter les informations
indispensables sur le système ES dans le canton de Vaud pour questionner
ce contraste entre EO et ES, en particulier pour apprendre à coordonner
un regard qui, partant de l’EO, chercherait à saisir le système
ES dans son ensemble avec un regard qui, partant de l’ES, chercherait
à lever les préjugés d’homogénéité
que nous faisons vis à vis de l’EO.
3. Présentation de DDMES (J.-M.
Favre & F. Conne).
Logiquement nous en viendrons à présenter le groupe Ddmes,
le concept sur lequel il est constitué, sa fonction, les problématiques
qu’il développe, sa réception des investigations éparses
et leur restitution par le biais des projets de recherches qu’il se
donne. La présentation du groupe aura aussi comme fonction de suggérer,
si ce n’est illustrer, la manière dont le groupe Ddmes, à
l’interne comme à l’externe, se fait agent de diffusion
et de redistribution des savoirs de DDM, et ce sur le modèle même
de ce que nous tentons de mettre en œuvre dans nos terrains professionnels
respectifs.
4.
Analyse des effets de deux contraintes dans une classe
d’enseignement spécialisé (primaire). (J.-M.
Favre : Hepvd, ES primaire)
Les données relatives au terrain étant ainsi minimalement
fixées, nous présenterons une étude de didactique des
mathématiques qui, à propos d’un même objet d’enseignement
- la multiplication, est confrontée à la différence
de régime du temps didactique observée entre une classe ES
et une classe EO.
Cette communication aura aussi une autre fonction dans notre présentation.
Rappelons que le groupe Ddmes est un groupe de recherche hébergé
dans une institution de formation d’enseignants. Du point de vue de
nos mandataires, l’échange de prestation va dans le sens de
l’offre faite par la recherche à la formation (retombées
de la recherche). Si on examine de plus près les choses, on voit
que les courants des échanges ne sont pas tous orientés dans
le même sens. Pour des raisons sur les quelles nous n’entrerons
pas, la formation offre l’opportunité de mener des recherches ;
toutefois ces opportunités, que nous qualifierons d’investigations
plutôt que recherches, restent généralement individuelles,
isolées, et surtout sans suite. Le groupe Ddmes (en tant que sous
institution) aura donc pour fonction, entre autres, de récupérer
et d’utiliser de tels produits dérivés fournis par l’institution
de formation. Cet exposé sera donc aussi un exemple d’une de
ces investigations qui viennent nourrir le groupe Ddmes.
6. Evolution de la tâche puzzle :
les enjeux de l’investigation du milieu (L. Del Notaro :
EO, primaire, & A. Scheibler, EO, secondaire, Hepvd)
Cette communication présentera une recherche en cours portant sur
une activité de géométrie et ce sous différents
aspects. Nous dirons pourquoi nous avons choisi des activité en géométrie,
en quoi notre recherche se rattache à une question d’importance
pratique, avec quelle conceptualisation de DDM nous élaborons cette
question en problématique, les questions que cela nous amène
à poser au système EO lui-même, et en particulier à
la transposition didactique de l’enseignement de la géométrie
à la charnière primaire secondaire, et enfin quels phénomène
cette recherche nous a donné à vois avec une très grande
lisibilité.
7. De l’usage des mots comme révélateur
de la progression des milieux dans les expérimentations puzzle et
quadrilatères. (C. Tièche Christinat : Irdp,
Hepvd, Unine.)
Lors des différentes expérimentations autour du milieu puzzle
& quadrilatères, nous assistons à une dérive transpositive,
induite par les nécessités de recherche, se marquant par un
changement d’objet et de finalité de l’activité.
On passe ainsi de l’étude des quadrilatères-en-tant-que-formes
(dont l’école a fait un emblème des premiers enseignements
en géométrie) à celle des quadrilatère-en-tant-que-polygones
(objet manquant dans cet enseignement de la géométrie). Cette
dérive est très nettement visible lorsque l’on examine
les séquences d’observation du point de vue des nominalisations
faites par les enseignants et les élèves. Cela nous renvoie
à la question des milieux et représentations. Une amorce d’analyse
sera présentée qui soulèvera deux questions :
d’une part celle des milieux de références différents
tant entre l’intervenant et les élèves (intra situations
observées), qu’entre les différents intervenants entre
eux (inter situations observées), d’autre part celle du contrôle
de la transposition didactique dans des activités de recherche sur
le terrain.
Références (circonstanciées)
1. Différents niveaux de modèles de milieu dans la théorie
des situations. I. Bloch, J-L Dorier et alii eds, Actes de la 11ème
Ecole d’été de didactique des mathématiques,
Corps, France, août 2001, Grenoble, La Pensée Sauvage, 2002,
pp. 125-140.
2. Pouvons nous parler d’une
didactique des mathématiques de l’enseignement spécialisé ?
François Conne, universités de Genève et Lausanne,
SCES Lausanne. In Actes de la Xè école d’été
de Didactique des Mathématiques, Houlgate : ARDM. (Ce texte
définit la saisie des problèmes posés à la DDM
par l’ES.)
3. Pertes de contrôle et prises
de contrôles dans l’interaction de connaissances. François
Conne, université de Genève et Ifres, Lausanne. Cd-rom, J-L
Dorier et alii eds, Actes de la 11ème Ecole d’été
de didactique des mathématiques, Corps, France, août 2001,
Grenoble, La Pensée Sauvage, 2002. (Ce texte définit le cadre
de notre présentation, en particulier sur les notions d’interactions
de connaissances et d’investissements de savoirs).(texte
en format word.doc)
4. Groupe recherche ddmes (didactique des mathématiques pour l’enseignement
spécialisé), HEP. (Ce texte, en attaché, définit
officiellement le groupe DDMES de Lausanne.
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